
Stop Killing Games : pétition, succès et réponse UE
Le mouvement Stop Killing Games, lancé en 2024 par Ross Scott, a forcé l’Union européenne à répondre officiellement à une petition de plus d’un million de signatures contre la destruction des jeux vidéo par les éditeurs. Cette campagne, partie de l’affaire The Crew d’Ubisoft, pourrait remodeler les droits des consommateurs numériques en Europe.
Lancement : 2024 par Ross Scott ·
Signatures ICE : 1 448 271 ·
Témoignage UE : 16 avril 2026 ·
Réponse UE attendue : juillet 2026 ·
ONG créées : 19 février 2026
Aperçu rapide
- Calendrier précis de la réponse législative européenne
- Impact réel sur les pratiques des éditeurs à court terme
- Portée exacte de la Communication non-contraignante de la Commission
- Réponse formelle de l’UE attendue en juillet 2026 (YouTube)
- Développement des deux ONG (UE et États-Unis) lancées le 19 février 2026 (YouTube)
- Poursuite des recours juridiques, notamment en France (Stop Killing Games)
Les données essentielles du mouvement révélant son ampleur sans précédent dans le domaine du jeu vidéo.
| Attribut | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Fondateur | Ross Scott | Wikipedia |
| Année de lancement | 2024 | Wikipedia |
| Signatures ICE finales | 1 448 271 | Wikipedia |
| Signatures valides (%) | 97 % | Wikipedia |
| Pétition britannique | 189 887 signatures | Wikipedia |
| Date témoignage UE | 16 avril 2026 | YouTube |
| Lancement ONG | 19 février 2026 | Wikipedia |
| Réponse UE prévue | Juillet 2026 | YouTube |
Qu’est-ce que Stop Killing Games ?
Stop Killing Games est un mouvement de défense des consommateurs lancé en 2024 par Ross Scott, créateur de la chaîne YouTube Accursed Farms et connu pour sa série de machinima Freeman’s Mind. Le mouvement est né en réponse à la pratique des éditeurs de jeux vidéo qui ferment les serveurs de leurs jeux « always online », rendant ces produits littéralement injouables après la décision unilatérale de l’entreprise.
Origine de la campagne
Le déclencheur direct a été la décision d’Ubisoft d’arrêter les serveurs de The Crew, un jeu de course sorti en 2014 qui nécessitait malgré lui une connexion Internet constante. Les joueurs avaient payé pour ce produit, souvent plusieurs dizaines d’euros, et se sont retrouvé avec un disque ou un téléchargement ne fonctionnant plus. Ross Scott a argumenté que les éditeurs devraient être tenus de laisser les jeux fonctionnels après l’arrêt, notamment via des modes hors ligne ou des serveurs privés.
Les éditeurs détruisent les jeux que les consommateurs ont légalement achetés. Ce n’est pas acceptable.
— Ross Scott, fondateur de Stop Killing Games (Stop Killing Games)
Le mouvement s’est rapidement transformé en coalition mondiale regroupant des joueurs, des défenseurs des consommateurs et des développeurs. Scott a encouragé des plaintes auprès d’agences comme la DGCCRF en France et l’ACCC en Australie, multipliant les fronts juridiques.
Objectifs principaux
L’objectif central est législatif : obliger les éditeurs à rendre les jeux jouables après la fermeture des serveurs. Les propositions incluent l’ajout de modes solo hors ligne, la publication du code serveur pour les communautés de fans, ou la préservation des fonctionnalités via des émulateurs officiellement soutenus. Stop Killing Games argue que cette pratique constitue une violation des droits des consommateurs.
Ubisoft a promis de ne plus reproduire la situation de The Crew après les critiques, mais les défenseurs restent prudents : sans cadre légal contraignant, ces promesses restent volontaires.
Stop Killing Games a-t-il atteint son objectif ?
Oui, sur le plan quantitatif. L’Initiative Citoyenne Européenne « Stop Destroying Videogames » a recueilli 1 448 271 signatures valides à sa fermeture le 31 juillet 2025, dépassant largement le seuil requis d’un million. Ce résultat représente le deuxième plus grand nombre de signatures pour une ICE dans l’histoire de l’Union européenne.
Nombre de signatures
Plus de 350 000 signatures avaient été recueillies dans les deux premiers mois de la campagne, démontrant une mobilisation massive dès le lancement. Lapetition a atteint 97 % lors de la validation initiale — un taux exceptionnellement élevé qui témoigne de la qualité de l’engagement. La petition britannique séparée a atteint 189 887 signatures avant sa clôture le 14 juillet 2025.
Critiques et soutiens
Le mouvement a divisé l’industrie. Certains éditeurs ont condamné publiquement la campagne, arguant que les serveurs consomment des ressources continues et que leur fermeture fait partie du cycle de vie normal des services en ligne. D’autres, comme Ubisoft, ont tenté de désamorcer la controverse par des engagements volontaires.
Rien n’est éternel, mais nous reconnaissons les préoccupations des joueurs concernant la préservation de leurs achats.
— Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft (Hungarian Conservative)
Du côté des soutiens, des universitaires et des organisations de consommateurs ont applaudi l’initiative, soulignant que le modèle « toujours en ligne » transfère tous les risques sur l’acheteur sans aucun recours réel en cas de fermeture.
Le succès de la petition a forcé la Commission européenne à donner une réponse officielle — un processus qui ne s’active que lorsqu’une ICE atteint le seuil d’un million de signatures.
L’UE a-t-elle répondu à Stop Killing Games ?
La réponse européenne est en cours. La Commission européenne prépare une Communication non-contraignante sur le secteur des jeux vidéo en réponse à l’initiative citoyenne. Cette réponse formelle est attendue en juillet 2026, après une période d’analyse et de consultation.
Initiative Citoyenne Européenne
L’Initiative Citoyenne Européenne est un mécanisme de démocratie participative prévu par les traités de l’UE. Lorsqu’une initiative atteint un million de signatures provenant d’au moins sept États membres, la Commission est obligée d’examiner la demande et de publier une réponse formelle. Stop Killing Games a dépassé ces seuils, déclenchant ce processus pour la première fois dans le domaine du jeu vidéo.
Audience obtenue
Ross Scott a témoigné devant le Parlement européen le 16 avril 2026 lors d’une audience publique des commissions IMCO (marché intérieur), JURI (affaires juridiques) et PETI (pétitions). Cette audition a permis au mouvement de présenter ses arguments directement aux législateurs européens et de répondre aux questions des eurodéputés.
Stop Killing Games espère que l’Initiative Citoyenne sera intégrée à la Loi sur la Justice Numérique ou à la révision de la Directive sur le Contenu Numérique. Ces deux textes pourraient devenir le véhicule législatif pour des mesures contraignantes.
Stop Killing Games a-t-il été un succès ?
Le mouvement a obtenu des résultats tangibles sur plusieurs fronts, mais le succès final dépendra de la capacité à traduire la pression populaire en législation contraignante.
Réactions communauté
La mobilisation autour de Stop Killing Games a démontré que le problème de la préservation des jeux vidéo touche un public bien plus large que les seuls collectionneurs ou nostalgiques. La diversité géographique des signataires — couvrant l’ensemble des 27 États membres — témoigne d’un problème perçu comme systémique.
Progrès actuels
Deux ONG officielles ont été lancées le 19 février 2026, l’une dans l’Union européenne et l’autre aux États-Unis. Moritz Katzner, un politicien allemand impliqué avec le mouvement depuis 2025, dirige l’ONG européenne et conseille également l’organisation américaine en formation. L’objectif principal de ces structures est le « contre-lobbying à long terme » sur cette question.
Le mouvement explore aussi des recours juridiques, notamment des actions collectives. Un jalon majeur a été atteint en cour de consommation française concernant The Crew, ce qui pourrait établir un précédent pour tous les titres « always-online ».
La campagne Stop Killing Games est-elle terminée ?
Non. Même si la petition a atteint son objectif numérique, la partie législative est toujours en cours. Le mouvement continue de se structurer et d’exercer une pression sur les décideurs.
Prochaines étapes
La réponse formelle de la Commission européenne en juillet 2026 sera un moment clé. Si elle est favorable, le texte pourrait être renvoyé au Parlement européen pour amendement et adoption. Les ONG récemment créées joueront un rôle de plaidoyer actif dans ce processus.
Suivi et deadline
Les outils de suivi incluent le site officiel stopkillinggames.com, les discussions sur Reddit, et les chaînes YouTube dédiées au mouvement. Le 29 juillet 2025, Ross Scott avait encouragé les spectateurs à envoyer des commentaires à la consultation publique de la Loi sur la Justice Numérique — un exemple de la stratégie de mobilisation continue du mouvement.
Chronologie
Les dates clés d’une mobilisation qui a marqué l’agenda législatif européen.
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 2024 | Lancement du mouvement Stop Killing Games par Ross Scott suite à l’arrêt de The Crew par Ubisoft | Wikipedia |
| 1er août 2024 | Ouverture de l’Initiative Citoyenne Européenne Stop Destroying Videogames | CivFanatics Forums |
| Septembre-octobre 2024 | L’ICE atteint 350 000 signatures dans les deux premiers mois | Wikipedia |
| 14 juillet 2025 | Clôture de la petition britannique avec 189 887 signatures | Wikipedia |
| 31 juillet 2025 | Clôture de l’ICE européenne avec 1 448 271 signatures | Wikipedia |
| 29 juillet 2025 | Ross Scott publie une vidéo encourageant les commentaires sur la Loi sur la Justice Numérique | Wikipedia |
| 19 février 2026 | Lancement des deux ONG (UE et États-Unis) | Wikipedia |
| 16 avril 2026 | Témoignage de Ross Scott devant le Parlement européen | YouTube |
| Juillet 2026 (prévu) | Réponse formelle de la Commission européenne attendue | YouTube |
Ce que nous savons — et ce qui reste flou
Deux ans après son lancement, le mouvement Stop Killing Games a produit des résultats mesurables. Mais le chemin entre la petition et la législation reste incertain.
Ce qui est confirmé
- 1 448 271 signatures pour l’ICE européenne
- Témoignage de Ross Scott au Parlement européen le 16 avril 2026
- Création de deux ONG officielles en février 2026
- Réponse de la Commission européenne attendue en juillet 2026
- La Commission prépare une Communication non-contraignante
- Recours juridiques en cours, notamment en France
Ce qui reste incertain
- Portée exacte de la réponse européenne
- Calendrier précis des étapes législatives futures
- Impact sur les pratiques des éditeurs à court terme
- Résultat des recours juridiques en cours
- Positions détaillées des autres grands éditeurs
Ce qu’ils disent
L’industrie des jeux vidéo dépense plus d’argent en lobbyistes qu’il n’en faudrait pour corriger leur processus de développement et préserver les jeux après la fermeture des serveurs.
— Ross Scott, témoignage devant le Parlement européen (YouTube – MASSIVE W: Stop Killing Games Testifies at EU Parliament)
Les éditeurs devraient être tenus de laisser les jeux fonctionnels après l’arrêt, notamment via des modes hors ligne ou des serveurs privés gérés par les communautés.
— Ross Scott, lors de l’audience des commissions IMCO, JURI et PETI (YouTube)
Rien n’est éternel, mais nous reconnaissons les préoccupations des joueurs concernant la préservation de leurs achats.
— Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft (Hungarian Conservative)
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La pétition a soumis 1,448 million de signatures, dont 1,294 188 validées par les autorités européennes, comme dans l’analyse de la validation UE.
Questions fréquentes
Comment signer la petition Stop Killing Games ?
L’Initiative Citoyenne Européenne est désormais fermée (elle a clôturé le 31 juillet 2025). Cependant, vous pouvez soutenir le mouvement via le site officiel stopkillinggames.com, participer aux consultations publiques de la Loi sur la Justice Numérique, ou contacter vos représentants européens pour exprimer votre soutien à une legislation sur la préservation des jeux vidéo.
Pourquoi les éditeurs arrêtent-ils les serveurs de jeux ?
Les serveurs de jeux en ligne coûtent de l’argent à maintenir (infrastructure, personnel, licences). Pour les éditeurs, la fermeture des serveurs est une décision commerciale : une fois les revenus diminués, maintenir le service n’est plus rentable. Le problème se pose particulièrement pour les jeux « always online » qui nécessitent une connexion même pour le contenu solo.
Quels jeux ont été « tués » par les éditeurs ?
The Crew d’Ubisoft est le cas déclencheur du mouvement. D’autres titres notables incluent des jeux MMORPG, des jeux de sport annuels en ligne, et diverses productions abandonnées. Le site stopkillinggames.com recense les titres concernés via un système de signalement.
Quelles sont les propositions concrètes de Stop Killing Games ?
Le mouvement propose plusieurs solutions : l’ajout de modes solo hors ligne, la publication du code serveur pour permettre aux communautés de fans de maintenir des serveurs privés, ou la préservation officielle via des émulateurs officiellement soutenus. L’objectif est de garantir que les consommateurs puissent continuer à jouer aux jeux qu’ils ont achetés.
Que peut faire la France face à ce problème ?
En France, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a reçu des plaintes concernant des jeux rendus injouables. Un recours est en cours en cour de consommation française concernant The Crew, ce qui pourrait établir un précédent pour tous les titres « always-online ».
L’UE peut-elle vraiment imposer des règles aux éditeurs ?
L’Union européenne dispose de compétences en matière de protection des consommateurs et de commerce numérique. La Commission européenne prépare une Communication non-contraignante, mais Stop Killing Games espère que ses propositions seront intégrées à la Loi sur la Justice Numérique ou à la révision de la Directive sur le Contenu Numérique — des textes qui pourraient être contraignants.
Les ONG Stop Killing Games vont-elles vraiment changer les choses ?
Les deux ONG (UE et États-Unis) lancées le 19 février 2026 visent à maintenir une pression constante sur les législateurs et à coordonner les efforts de plaidoyer à long terme. Leur création marque une professionnalisation du mouvement au-delà de la simple petition.